samedi 26 janvier 2013

Départ de Georgetown


Après une semaine de Georgetown nous étions au bord de la dépression.  Nous sommes donc remontés vers le nord, vers Rat cay histoire de pêcher un peu, et de se changer les idées.  C’est vraiment assez remarquable  de voir le nombre de québécois qui se trouvent ici.  Nous avons d’ailleurs pu assister au tournage d’un spot publicitaire produit par des Québécois pour l’office du tourisme bahamien. 

Notre visite devait arriver le lundi soir.  Nous avions décidé de partir tôt le mardi matin car une fenêtre s'ouvrait, qui en principe devait durer plusieurs jours et nous permettre de traverser directement aux BVI .  Nous avons complété l'approvisionnement du bateau et Claude est parti chercher Yves au dinghy dock vers 17,30.

  J'étais restée au bateau et je préparais le souper.  Les choses traînaient et finalement Claude est revenu seul.  Yves avait pris un billet aller seulement parce que nous quittions les Bahamas et qu'il ne savait pas exactement d'où il repartirait.  Grande erreur.  Il a été arrêté par l'immigration et comme il refusait d'acheter à fort prix un billet de retour qui resterait inutilisé, ils l'ont emmené au poste de police de Georgetown où nous l'avons rejoint, grâce aux bons service de Luther du taxi 29 qui a réussi à le localiser après de nombreux appels.  Nous ne pouvions rien faire et nous sommes rentrés au bateau.  En principe Yves devait passer la nuit au poste, mais finalement nous avons eu un appel un peu plus tard, et nous sommes allés le récupérer au quai.  Le lendemain matin nous nous sommes présentés à l'immigration pour régulariser la situation et tout est rentré dans l'ordre, après que nous nous soyons fait taper sur les doigts
Cet incident a retardé notre départ et nous sommes finalement partis en début d'après midi .  Les premières heures se sont faites à moteur par un calme plat.   La première nuit s'est bien passée, les quarts revenant bien moins souvent à trois .  Le lendemain le vent s'est levé et nous avons mis les voiles et éteint  les moteurs.  Dans l'avant midi les deux lignes se sont mises a chanter, mais nous avons perdu les deux poissons.  Un peu plus tard, bingo, ça mord de nouveau.  Cette fois ci les gars ont fait particulièrement attention en ramenant la chose.  C'était un sailfish de 15 livres, un poisson fabuleusement beau, tellement beau que je me suis bien jurée qu'advenant que un autre morde à notre ligne, nous le relâcherions.



  Nous devions manger une partie de la bête pour souper mais nous avons commencé à traverser une zone de cellules orageuses, le vent a forci et la mer est devenue extrêmement inconfortable, grosses vagues croisées. L'idée de manger du poisson était vraiment moins tentante, et  de toute façon faire autre chose que des sandwiches, était impensable  Les quarts étaient faciles à faire car il était carrément impossible de dormir, comme de se tenir debout. En regardant la météo à venir nous avons jugé que la situation ne s'améliorerait pas pour les prochains jours et que nous devions envisager un plan B.  Nous nous sommes donc dirigés vers les Turk and Caicos , où nous sommes installés actuellement. Nous attendons que le vent d'est se calme un peu pour nous permettre de repartir.  Et accessoirement, le Sailfish dont nous avons fait notre souper était délectable.
Le sujet de la photo n'est pas le cat What if mais bien la trombe en arrière plan
Nous sommes présentement à l'ancre à Provinciales, et je crois bien que nous y resterons plusieurs jours car la météo ne semble pas vouloir nous aider.  Mais bon, il y a pire que de passer une semaine aux Turk and Caicos !

mardi 8 janvier 2013

L'attente

Pendant la période des fêtes nous avons appris que notre ami Yves Gauthier viendrait nous rejoindre et qu'il ferait la traversée vers les Antilles avec nous (les  quarts seront donc plus espacés, ce qui n'est pas pour me deplaire).  Nous avons donc décidé de remonter faire un petit tour dans les Exumas, en attendant son arrivée
Nous avons fait la plus merveilleuse des journées de voile.  Au départ de Georgetown à 7 heures, nous avons monté le spi asymétrique.  Il y avait environ 8 noeuds de vent qui deviendront bientôt 11, 12 avec quelques pointes à 15.  La mer était plate, le bateau filait à 7.5 noeuds avec des pointes à 9.  Nous avons fait tout le chemin jusqu'à Blackpoint à cette allure, et sommes arrivés aux alentours de 14 heures. 
Il est sept heures, les deux lignes sont à l'eau
Et les lignes ont chanté.  La pêche en mer c'est quelque chose de tout à fait extraordinaire.  Moi qui ne suis pas tellement adepte, j'adore pêcher en mer.  Dès que nous sortons, nous installons les deux lignes que nous laissons traîner en arrière du bateau.  Les lignes sont équipées de ce que nous appelons des fofolles, des genre de petites pieuvres invraisemblables.  Et ça marche. 



La première fois que j'ai vu ça, je pensais que jamais un poisson ne s'y laisserait prendre 


 On ne sait jamais quand ça va mordre et ce qui va mordre.  Le son du moulinet qui se déroule, le capitaine qui se rue pour tranquillement remonter la ligne, et l'attente.  Est ce que ça va être encore un damné barracuda (que nous ne pouvons pas manger à cause de la ciguatera) ? Ou est ce que ce sera notre prochain souper.  Le poisson favori aux Bahamas c'est la dorade, car c'est un fier combattant.  Mais nous avons élargi notre champ cette année, avec un thon Skipjack, un cero, un spanish mackerel, un almaco jack.  Le poisson sorti de l'eau nous sortons le livre pour tenter d'identifier ce que nous avons capturé.  Et quelquefois ce n'est pas évident.  Faire la différence entre le cero et le maquereau espagnol, c'est pas de la tarte. Nous n'avons jamais mangé tant de poisson.  Et le produit de sa pêche mangé le jour même c'est merveilleux.  J'avais déjà acheté du mahi mahi en épicerie et j'avais trouvé ça sec et immangeable.  Aux Bahamas, c'est délicieux.
Nous avons donc remonté notre skipjack et un cero pendant cette traversée.  Le lendemain nous sommes repartis vers Norman Cay, en hissant notre spi cette fois.  Et nous sommes allés retrouver nos amis de Callipyge et de Teddy que nous avions laissé à Nassau.  Comme souvent aux Bahamas est arrivé un coup de vent 
Norman Cay dans un coup de vent

 et nous sommes allés nous réfugier à Warderick Wells, dans le parc des Exumas, un des endroits les plus beaux que j'ai vu aux Bahamas
Et c'est là que nous avons fêté l'arrivée de l'an nouveau. Il y a de nombreux québécois aux Bahamas cette année.   Quand nous sommes arrivés à Warderick je dirais que 80% des bateaux portaient pavillon canadien et la grande majorité des équipages parlaient français.  Au point qu'un américain avec qui je parlais m'a demandé si nous avions commencé à envahir le monde :-)
Après le nouvel an nous sommes redescendus à Georgetown.  Teddy, un des bateaux avec qui nous avions voyagé au début du voyage avait des problêmes de moteur et nous l'avons accompagné. 
Depuis nous passons le temps en préparant le bateau à la prochaine traversée.  Nous commençons à avoir hâte de partir pour les Antilles.  Ce sera du tout nouveau, ça nous fera sortir de notre zone de confort.  

lundi 24 décembre 2012

Noel


C’est très difficile d’être dans l’esprit des fêtes sous ce ciel bleu.  On a un peu tendance à s’ennuyer davantage de la famille et des amis, surtout que beaucoup de bateaux reçoivent des visiteurs. Nous avons quand même sorti notre drapeau de Noël pour décorer un peu Gulliver

Ça fait déjà une semaine que nous sommes à Georgetown.  C’est très facile de rester collé ici.  L’endroit est accueillant, les épiceries relativement bien approvisionnées, on a facilement un accès internet.  Il y a de nombreux bateaux québécois, mais également des équipages qui proviennent de partout au monde.  Notre voisin d’en avant est un écossais (j’ai cru comprendre par sa conversation que les écossais ont un peu les mêmes relations que nous avec les anglais), 

notre voisin immédiat est un suisse et notre voisin d’en arrière est allemand  (enfin je crois).


Les bateaux affluent tranquillement.  Il y en a bien une centaine actuellement, et ce nombre peut atteindre 400 en haute saison. Toutes sortes de bateau, dont celui-ci qui se prétend un catamaran et qui ressemble plus a un trimaran. 
Il s'appelle CatMeow... qu'est ce que ca peut être Raymond?

Toute une communauté bigarrée qui se réunit l’après midi pour un verre sur Volleyball beach.
Nous avons eu notre premier front froid, un coup de vent qui est passé rapidement et qui a baissé la température de quelques degrés.  

Ce soir nous allons fêter noël sous la lune souriante des Bahamas, les pieds dans le sable et nous pensons à vous tous.  Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes





lundi 17 décembre 2012

la dure vie aux Bahamas





Hier quelqu'un m'a dit qu'il avait regardé mon blogue et que je ne l'avais pas mis à jour depuis la fin de novembre.  Je n'en revenais pas. Je croyais l'avoir alimenté la semaine précédente.  Le temps passe a une vitesse vertigineuse et  il est très difficile de trouver un peu de temps en même temps qu'une connection.
Après Chub Cay, nous sommes remontés dans les Berries.  Nous avions l'intention de retrouver le premier massif de corail que Claude avait exploré avec Michel de Seakite.  Nous sommes donc arrêtés à Frozen Cay et nous avons commencé à explorer.  Nous n'avons jamais retrouvé le massif mais nous avons trouvé nos premières conches de l'année.  Et elles sont magnifiques.  Ma petite expérience me permet de dire que ce sont les plus colorées, les plus dures, les plus grosses des conches que nous avons pêché.  Nous avons donc déjà à notre actif un souper de conches frites et un conch chowder.  Comme je devais me connecter à cause d'une erreur de travail nous sommes retournés à Chub Cay et de là nous avons traversé à Nassau
Il s'agit d'un bateau canadien... Un ami de Tony Accurso ?


Nassau reste Nassau mais j'ai eu l'impression que la saleté s'était encore accentuée.  Pendant que nous étions ancrés tous les matins des détritus de toute sorte passaient autour du bateau.  Et sur la rue principale une maison abandonnée, en ruine, est environnée de déchets de toutes sortes.  
Et de l'autre côté de la baie c'est Paradise Island.  Le contraste est assez saisissant


Nos amis de Callipyge attendaient des amis et ne voulaient pas s'éloigner avant leur arrivée.  Nous sommes donc partis seuls vers les Exumas. Claude a recommencé à pêcher et a fini par avoir du succès.
Nous avons commencé également à chasser le lionfish.  Il s'agit d'un poisson qui a été introduit dans les eaux des Bahamas et des caraibes et qui n'a pas de prédateurs.  Il a des aiguillons venimeux.
Comme il n'a pas de prédateur il est très facile à pêcher.  Mais nous prenons des précautions extraordinaires car il parait que se faire piquer cause une douleur terrible.  C'est un poisson à chair blanche, très très bon en ceviche.

Nous avons retrouvés d'autres bateaux amis,Gusto del mar et Spicy et sommes sortis en mer, pour aller plus au sud des Exumas.  Et évidemment quand on va en mer, on met des lignes à l'eau.  Nous avons été chanceux... Quatre dorades en deux jours et nous en avons échappé trois.   Comme c'est moi qui lève les filets, je n'était pas fâchée d'en voir une couple se sauver.
Pour le moment nous sommes à Georgetown.  Nous y resterons quelques jours, sans doute jusqu'à Noël.  Mais nous commençons également à penser à notre traversée vers les Antilles qui devrait se faire au cours du mois de janvier.  D'ici là je vais essayer de mettre le blogue à jour un peu plus souvent.

lundi 26 novembre 2012

Les Bahamas




Nous sommes partis tel que prévu samedi matin en direction de Bimini.  C’est la plus courte traversée en direction des Bahamas.  Les conditions n’étaient pas idéales, mais nous avons décidé de tenter le coup.  La traversée se faisait de jour.  On annonçait du vent du nord ouest, ce qui n’est pas recommandé pour traverser le Gulf Stream, mais il ne devait pas être fort .  Nous avions oublié qu’il faut toujours additionner au moins 5 nœuds aux prédiction.  Ce qui a fait qu’au lieu d’un vent de 7 à 10 nœuds du nord ouest, nous avons eu un vent de 15 à 20 nœuds du nord.  Mais bon tout c’est bien passé malgré tout, le temps était superbe, les poissons volants innombrables, et Claude a même vu un requin marteau.

  Et au début de l’après  midi, nous sommes arrivés en vue du bank.  On voit la différence de couleur de l’eau à bonne distance.  Au moment où nous approchions, quelqu’un nous a appelé au VHF et je suis rentrée répondre.  Quand je suis ressortie , nous  étions aux Bahamas, environnés de cette eau d’une couleur fabuleuse. 
   Une fois passé Bimini où nous ne sommes pas arrêtés, il nous restait une bonne distance à faire pour arriver aux Berries où nous avions décidé de dédouaner.  Alors nous avons passé deux nuits sur le bank.  Le bank, c’est un désert où il y a de l’eau.  Pas énormément d’eau, la profondeur ne dépasse pas beaucoup les 25 pieds, et il y a quelques hauts fonds.  De temps en temps on apperçoit un bateau au loin, mais la plupart du temps on est seul au monde au milieu de nulle part dans un  silence total. 

Callipyge au lever du soleil


Après notre première nuit, nous avons remis les lignes à l’eau.  Nous n’avions pas eu de succès pendant notre traversée et nous n’avions pas trop d’espoir.  Pourtant, pendant que nous étions à l’intérieur à faire nos essais sur notre dessalinateur, la ligne a commencée à se dévider.  J’ai heureusement entendu du bruit et nous sommes sortis à temps.  Nous avons remonté un king mackerel de plus de 5 kilos.   Ça fait du beau filet.  



Après notre seconde nuit, nous avons repris la route pour Chubb cay où nous nous déclarerons aux douanes
Callipyge pendant une dure navigation :-)

Petite capsule technique… Je trouve que les drapeaux qu’on nous vend pour nos bateaux sont bien trop cher.  J’ai donc au début de l’été dernier acheté une flopée de drapeaux canadiens, américains et québécois chez Dollorama.  J’ai installé un drapeau québécois et un drapeau américain de cette catégorie et un drapeau canadien acheté chez Entrepôt Marine.  Résultat… les deux drapeaux de Dollorama sont encore en bon état et celui de l’entrepôt est complètement fini….

vendredi 23 novembre 2012


Si j’ai un conseil à donner aux gens qui pensent entreprendre le même voyage que nous, c’est de se prévoir un budget pour les bris inattendus.  Nous en avons eu de multiples lors de notre première descente dans le sud et cette fois ci, après des problèmes de batteries, c’est le cerveau de Nestor notre pilote automatique qu’il a fallu changer.  L’opération s’est bien déroulée, le patient se porte bien mais mettons que ce n’était pas prévu au budget.  
Pour la belle rousse de Claude, le phare où nous avons bu le Barolo

Nous nous sommes d'abord arrêté à Fort Pierce, puis à Lake Worth, pensant partir vers les Bahamas, vers Port Lucaya.   Malheureusement, le vent est resté au  nord et y est resté toute la semaine.   Il a fallu faire contre mauvaise fortune bon cœur.  Nous sommes coincés, le Gulf Steam est vraiment impraticable. Alors au lieu de quitter pour les Bahamas, nous allons continuer à descendre la côte américaine




Ici c’est la Floride avec  ses immenses cabanes qui semblent complètement vides, la faune fabuleuse, les pélicans qui se plouchent (ces oiseaux qui sont capables d’atterrir gracieusement sur un poteau de clôture ne semblent pas pouvoir arriver sur l’eau sans s’écraser dedans) , les aigrettes, les marabouts, les innombrables cormorans, les lamantins et les dauphins, et les urubus, devenus omniprésents sur toute la côte américaine, et qui sont remontés jusqu’au Québec.   Urubus à tête rouge, urubus à tête noire, ils sont innombrables et donnent parfois une atmosphère de film d’horreur
. Nous profitons de l’inaction forcée pour faire de petits travaux d’entretien sur le bateau, finaliser les provisions avant le départ.  Quelquefois les endroits où nous laissons le dinghy sont pour le moins étranges.  À fort Pierce, comme la marina demande 12$ pour que nous puissions utiliser son quai, nous sommes passés dans un bras de rivière, sous des ponts tellement bas que nous devions nous coucher et avons laissé l’embarcation attaché  à un palmier.  À Lake worth, le dinghy dock consiste en un fil de fer attaché à un mur de béton.  On est forcé de se tremper les pieds pour aller à terre et descendre des caisses de bière et des caisses de vin relève de l’exploit. Exploit que nous réaliserons à quelque reprise :-)
Gulliver à l'ancrage de Boca Raton

Toujours à l'ancrage de Boca Raton... Le bateau était trop gros, on ne  voit pas  la maison


Hier c'était Tanksgiving, Nous n'avons pas eu de dinde, mais  un petit cinq à sept. Aujourd'hui nous sommes à Fort Lauderdale et nous avons décidé de tenter une traversée vers Bimini.  Les conditions ne seront pas idéales, mais rien ne se dessinant dans l'immédiat, nous allons profiter de conditions moyennes. La destination a changé de façon à raccourcir au maximum la traversée qui ne sera peut-être pas très confortableé



mercredi 14 novembre 2012

Enfin la Floride





Cours de voile dans le port de Charleston
Le vent continuant à n’être pas de notre bord nous avons poursuivi dans l’intercostal jusqu’à Charleston, une ville où j’adore toujours arrêter. Après avoir lu le blogue de Pérouges en mer l’an dernier nous avons à notre tour décidé d’essayer Hymans Seafood.  Ce fut un très bon choix.  Faut dire qu’à notre première visite à Charleston quand Claude avait demandé un steak bleu,au restaurant de la marina il l’avait reçu cuit uniquement d’un côté.  Et à notre retour nous avions essayé Fish, plus prétentieux qu’autre chose.  Hymans fait dans le fruit de mer bien préparé et sans prétention.  Un bon choix.
Un des quelques jolis voiliers de la marina


Finalement nous avons pris la mer à Beaufort SC.  Nous sommes sortis en début d’après midi avec l’intention de nous rendre jusqu’à St Augustine.  Ce que nous avons fait.  Nous avons pris un beau little tunny de 3 kg. Il s’agit d’un faux albacore, méprisé par les pêcheurs qui prétendent qu’il n’est bon qu’à servir d’appât.   En fait, son seul problème est d’avoir des parties de chair noires, qu’on peut enlever pour le plaisir des yeux mais qui sont tout aussi bonnes que le reste.  Cuit comme du thon, c'est-à-dire saignant, c’est un véritable régal.


 Ce sont quand même des sorties fatigantes.  Et encore une fois il m’est arrivé quelque chose d’inusité.  Pendant mon quart, je surveillais une lumière blanche à notre bâbord, bien loin en avant de nous.  Claude l’avait surveillée pendant le sien et était persuadé qu’il s’agissait d’un bateau faisant route en avant de nous.  Je jetais donc un coup d’œil de temps en temps tout en suivant ma route.  À un moment donné, la lumière a commencé à grossir.  J’en ai donc conclu que finalement c’était un crevettier qui s’était arrêté pour pêcher.  La lumière était toujours sur notre bâbord et semblait éloignée.  Mais soudainement elle s’est mise à envoyer des flashes.  Et tout à coup elle semblait vraiment très proche.  J’ai donc appelé le capitaine qui voyant la chose fit virer brusquement le bateau.  Mais il n’y avait qu’une lumière en hauteur, pas de bateau, pas de masse.  Et rien d’écrit sur la carte. Rien au radar et rien à l'AIS  Quand nous nous sommes retournés, la lumière se trouvait à notre tribord… Encore une fois on ne saura jamais ce qui est arrivé mais nous nous sommes demandé s’il ne pouvait pas s’agir d’un sous-marin.  En tout cas malgré cette frousse et un magnifique orage qui a terminé la nuit, nous sommes finalement entrés à St Augustine, charmante petite ville où nous avons passé 48 heures.


Les aigrettes sont aussi peu craintives que les moineaux



 
Le collège de St Augustine



Des lamantins dans une marina de Port Canaveral.  Charmantes bestioles mais qui je crois ne sont pas très très  intelligentes. 
Nous sommes repartis par la mer pour nous rendre à Port Canaveral.  Nous sommes allés faire une petite visite à la marina où nous avons trouvé Gulliver il y a 5 ans.  Nous y avons emprunté un jeep pour faire les commissions.  Un jeep jaune citron, sans toit ni portes, avec un bras de vitesse incrusté de pierre du Rhin.  Vous pouvez imaginer le look que les sexagénaires que nous sommes avaient dans ce véhicule.
Chaque fois que nous voyons un héron nous disons qu'il s'agit de Gustave.  Quelle belle photo nous aurions pu faire avec un bon appareil

Le même gustave le matin

Nous repartons demain vers fort Pearce et dès que possible nous traverserons au Bahamas. Malheureusement il n'y a pas de fenêtres annoncées avant un certain temps